Loïc Piton

en deux ou trois mouvements


















"Les "fils de pensées" sont issus de l'écriture, apparentés parfois comme "poésie" ils ont aussi été critiqués par de "petits mondes littéraires". Ainsi des directeurs de petites revues et autres 'poètes' ont parfois rejetté en bloc ces oeuvres. Pour ne pas heurter ces sensibilités, j'ai du me différencier de leurs mondes, n'y voyez pas une volonté d'isolement de ma part (encore que...) mais surtout une quête de l'essentiel, de personnalité scripturale, et l'attachement à certaines valeurs comme le respect de "l'autre" ou l'envie de laisser mes émotions paraître même devant des auteurs inconnus, comme les perles que j'ai pu lire sur des sites "poétiques". Parfois, un regard naïf ou immature me fait intimement plus voyager que des "Grands" qui me semblent parfois prétentieux. Ainsi vous trouverez parfois une touche de naïveté, un peu d'élan sentimental, souvent brisé par une confrontation au réel. Plus simplement, mon écriture s'est écoulée, les mots sont apparus à mon esprit et ont été aussitôt jetés sur le papier, d'où leur appellation de "Fils de pensées". Je ne voudrais pas que cette appellation soit trop réductrice, car aujourd'hui mes écrits deviennent plus mûrs, plus travaillés, et les mots peinent parfois à s'écouler. La source se tarirait elle ? Je ne pense pas, il suffit bien souvent d'un petit rien pour me remettre à l'établi du verbe. Voici en extrait quelques uns de mes textes, qui vous emmèneront un peu plus loin dans mon univers...." Loïc Piton


D’une rive à l’autre ("un violon dans les flammes" 2005)  

Le roseau, pliant sous le souffle d’un arbre. Le plus grand des oiseaux s’élève hors des cieux, un simple brin d’herbe écoute leurs silences. Lumière sans ténèbres, soleil sans hiver. Le plus grand des cerfs s’approche, instinct, survie ou mystère, à l’approche de la plume, le bel animal s’enfuit sans mot dire laissant l’empreinte de la beauté sur la rosée. Le glissement du lac, éternité d’espoir, la douce odeur de pluie, le sourire d’un soir, avant de t’endormir, comme un loir.


Le chevalier des larmes (extrait de "un violon dans les flammes" 2005)

Un léger bosquet nous sépare. Milles feux le bordent, douce féerie. Tu t’approches, une brise en bandoulière, la nuit scintille sur ton chemin, tu t’approches et je pars. Un château sur une colline désertée, un chatoiement de lumière, forgeron des années. Un sac de blé rappelle l’ancienne vie passée à compter les écus, les pièces de monnaie. Le lac s’élance, vagues dociles sur les flots, ironie du cerf, libre et sans crainte, les chasseurs sont loin et tes mains ainsi peintes me rappellent une tendresse bien plus pure que cette eau.

 


La lune et la dune (extrait de « Rimes et couleurs » 2001 )

Au bord d'une rivière respirait une plume
Elle rêvait sans peine, au destin je présume
les nuits se balançaient, elle attendait l'écume
qui ne venait jamais, elle pleurait l'infortune

Elle disait que l'écume soulèveraient les sanglots vers le ciel
Que l'océan montant viendrait pleurer sa belle
Que les coeurs endormis se réveilleraient un jour
Et puiseront dans cette eau leurs plus beaux chagrins d'amour

La dune veillait pour éviter la prophétie
Elle n'aimait pas la prose et toute la poésie
Elle était le gardien de la logique et du temps
Surveillait ses frontières , l'air fier et pédant

Mais la dune obstinée a surveiller l'horizon
Ne put que trop tard voir ce cher Cupidon
Frapper de sa belle lame l'océan en son sein
Et de la mer jaillit un reflet, un dessin

La lune se pencha et embrassa les flots
Elle laissa dans la mer un morceau de son dos
La mer se retira, bercée par la lumière
C'était donc ça l'amour, une douce prière

Elle entendait encore un chant résonner
Celui de l'astre blanc qui allait s'envoler
Peinée la mer brisa les lois de ses aînés
Et pleura sa misère de n'être qu'eau salée

L'eau devint limpide, claire, et la dune étonnée
Se pencha doucement pour cette beauté contempler
Ce fut son erreur car dans un effort bien vain
la mer se jeta vers son amour son destin

La grande dune s'effaça sous le poids de l'océan
La mer déchaînée déversait les larmes de son sang
La rivière vit une vague remonter son flanc
De mémoire de terre on n'en avait eu vent

la mer était si fragile et si désespérée
Qu'elle pouvait tout donner pour avoir un baiser
La plume fut soulevée par une légère écume
Et sur le sable restant écrivit le mot lune

Un cœur se dessina sur le bord de la rivière
Et la lune comblée devint rouge et sincère
Depuis ce jour l'océan s'avance et se retire
sans cesse pour rappeler que son amour la déchire

éternel et incessant viendra le jour divin
Ou bravant la colère des dieux elle se jettera enfin
dans les bras de la lune accomplir son destin
Ce jour la, la plume contera ce refrain

Souviens toi de cette histoire ou s'est brisée la dune
l'amour n'a de frontières que les nuits sans lunes